Douze chênes

 

Douze grands chênes en cercle poussaient,

En leur milieu clairière était,

Refuge pour animaux blessés,

Ignorée de l’humanité.

 

Douze grands chênes en cercle poussaient,

Onze pierres levées furent érigées,

Dieux et hommes dialogue engageaient

La nuit sans fin avait cessé.

 

Douze grands chênes en cercle poussaient,

Dix siècles en harmonie coulèrent,

Puis l’oubli protégea l’accès

De Rome et la Croix, la colère.

 

Douze grands chênes en cercle poussaient,

Neuf corbeaux s’en vinrent à passer,

Y firent leur nid sans irrespect

Loin du rouge fracas des épées,

 

Douze grands chênes en cercle poussaient,

Huit dates pour l’année tisser,

De Samain aux blés ramassés

Jamais le cycle n’est effacé.

 

Douze grands chênes en cercle poussaient,

Sept marcassins sans feu leur mère,

De givre couverts, harassés,

En des pousses d’if se changèrent.

 

Douze grands chênes en cercle poussaient,

Six loups qu’on avait trop chassés

Prirent moment pour s’y reposer,

En vents furent métamorphosés,

 

Douze grands chênes en cercle poussaient,

Cinq cervidés broutant les pousses,

S’endormir pour laisser tracée,

Une étoile à la vue de tous.

 

Douze grands chênes en cercle poussaient,

Quatre saisons les accompagnent,

Certains coupés et d’autres cassés,

C’est toujours le bûcheron qui gagne,

 

Douze grands chênes en cercle poussaient,

Trois femmes sont ici pour prier,

La rousse, la peau couleur de lait,

Chantant pour la Terre oubliée,

 

Douze grands chênes en cercle poussaient,

Deux taureaux, un noir et un blanc,

Furent un beau jour s’y sacrifier,

Dans un combat long et violent,

 

Douze grands chênes en cercle poussaient,

Un seul aujourd’hui subsistait,

Une seule pierre qui reste debout,

Un seul œuf symbolise le Tout.

 

Cogan, Avril 2005